Une invention gauloise

Nous devons à Pline l'Ancien de connaître les origines détaillées de la moissonneuse. Écrivain et naturaliste du Ier siècle, il a écrit l'Histoire Naturelle, une encyclopédie de grande importance. Paladius, auteur bien plus tard d'un traité sur l'agriculture, complétera de manière précise la description du véhicule et son utilisation. Un bœuf pousse un caisson sur deux roues équipé de dents métalliques recourbées au bout, dans le sens inverse de la récolte, afin d'arracher les épis et les entasser dans le caisson. Cette moissonneuse rudimentaire a été semble t-i, inventée en raison du manque de main-d’œuvre en Gaule Belgique. C'est dans cette province que l'invention a donc vu le jour, comme en témoigne notamment la gravure de Montauban-sous-Buzenol en Belgique, représentant la moissonneuse des Trévires.

L’Écosse, origine moderne de la moissonneuse

Pour trouver trace de moissonneuses modernes, il faut faire un bond dans l'histoire, jusqu'à l'année 1825. Le dénommé Patrick Bell construit alors un chariot capable de tondre le blé. A l'inverse de la moissonneuse rudimentaire gauloise, le blé n'est pas arraché mais simplement coupé, laissant la repousse possible. Les agriculteurs anglais, craignant de perdre leur emploi, détruiront alors la machine. Quelques années plus tard aux États-Unis (1831), l'inventeur américain Cyrus McCormick rencontre le succès avec sa machine à moissonner. Comme en Gaule Belgique des siècles plus tôt, la Virginie natale de McCormick est en pénurie de main-d’œuvre, d'où l'accueil triomphal de sa moissonneuse. En 1847, l'inventeur crée la McCormick Harvesting Machine Company; la production atteint 1000 machines en 1851, 23000 au début des années 1860 puis près de 55000 en 1884, année du décès de McCormick.

Les types de moissonneuses modernes

Avant la moissonneuse-batteuse, il existait une machine dite moissonneuse-lieuse. C'est Charles Withington qui met au point cette moissonneuse particulière en 1872. Elle améliorait la récolte en ce sens qu'elle faisait des gerbes en liant les tiges de céréales. Au départ, du fil de fer liait les gerbes mais très vite, un système avec de la ficelle prit le relai pour la sécurité du bétail, pour ne pas endommager la mécanique de la moissonneuse et pour préserver l'intégrité des agriculteurs. La Moissonneuse-batteuse a par la suite rendu la moissonneuse-lieuse obsolète. Alors que cette dernière garde l'ensemble de la céréale, la moissonneuse-batteuse permet de combiner les opérations de moisson (récolte) et battage (séparation de la tige et de l'épi). Une avancée considérable, pour une productivité décuplée.
Retourner en haut